vendredi 22 octobre 2010

épidémie de choléra à haïti



SAINT-MARC (Haïti) - Certains sont soignés à même le sol, d'autres patientent des heures dans l'angoisse: un hôpital de Saint-Marc, à 96 km au nord de Port-au-Prince, tentait tant bien que mal jeudi de faire face à l'afflux de patients provoqué par l'épidémie de choléra en Haïti.



Ils sont venus par centaines à l'hôpital Saint-Nicolas, situé au nord de la capitale haïtienne. Dépassé par le nombre, le personnel est incapable de fournir un lit à tout le monde.
"Je suis arrivée hier (mercredi) à l'hôpital avec une forte diarrhée, on m'a posé un sérum et depuis rien, personne n'est revenu", se lamente Nerlande Saint-Fard, une femme de 28 ans.


"J'avais de fortes coliques et je fréquentais les toilettes au moins cinq fois en une heure, mais je vais un peu mieux à présent", raconte cette patiente jointe par téléphone, inquiète pour ses deux enfants laissés derrière.
Edner Philémon, 22 ans, se dit "très faible" et explique avoir "perdu beaucoup de poids en deux jours". Trois membres de sa famille ont été "foudroyés par la diarrhée en quelques heures", confie-t-il.


"Nous faisons face à une flambée de diarrhée abondante provoquant une déshydratation rapide qui occasionne la mort de patients de tous âges. Ceci a rapport avec la qualité de l'eau dans les localités touchées", estime le Dr Jean-Robert Pierre-Louis à l'hôpital de Saint-Marc.




Au signalement de l'épidémie, des premières mesures d'urgence ont été prises pour isoler les malades et éviter la contagion, mais en raison du manque de place, la plupart des malades sont soignés à même le sol.


Les patients sont réhydratés afin de contrer les effets des violentes diarrhées provoquées par le choléra.


"Ils répondent bien au traitement, mais nous ne pouvons pas les renvoyer chez eux, pour éviter toute propagation de la maladie", souligne le Dr Yolaine Suréna, envoyée sur place par le gouvernement.


Le Dr Suréna a lancé un appel aux organisations internationales pour la fourniture de 500 lits pour les malades qui ne cessent d'arriver.
Près de 1.500 personnes sont actuellement accueillies dans des centres de santé dans le département de l'Artibonite. Le fleuve qui traverse cette zone est infecté par le choléra où les gens puisent de l'eau pour leurs activités quotidiennes, risquant de propager encore davantage la maladie.


Face à la virulence de l'épidémie, les médias locaux diffusent des messages informant la population sur les mesures de précaution à prendre.
Le Dr Suréna insiste elle-aussi sur les gestes élémentaires à faire pour lutter contre le choléra: "Vous devez manger des aliments bien cuits, lavez-vous le plus souvent possible, buvez de l'eau traitée".


(©AFP / 22 octobre 2010 00h43)

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